Le mobilier de Versailles

2014 – Le mobilier de Versailles, du Roi Soleil à la révolution – ( Qualité 720p, taille 42 – 0.99 Go pour 50’21 », original 51’59 »), vérifié et bon pour le site.

 

   Résumé de: Le mobilier de Versailles, du Roi-Soleil à la Révolution

   Si Versailles nous était conté… à travers son mobilier ! Ce documentaire aux techniques novatrices fait revivre des pièces uniques qui racontent d’étonnantes histoires. Voilà une affaire de rois, de reines et d’illustres artisans, avec bien des secrets. Et un pari relevé : la reconstitution de certaines oeuvres disparues grâce à la magie des images de synthèse. Toutes ces pièces exceptionnelles d’orfèvrerie, d’ébénisterie, de menuiserie ou d’horlogerie sont emblématiques de l’esprit et de la beauté du style versaillais. Mais si l’on connaît bien le château à travers l’histoire des souverains qui y ont séjourné, qui se souvient de Claude Ballin, d’André-Charles Boulle, de Claude-Siméon Passemant, de Jean-François Oeben, de Jean-Henri Riesener, de Georges Jacob, ou encore de Jean-Ferdinand Schwerdfeger ? Hommage à ces créateurs talentueux qui exécutaient dans l’ombre les œuvres royales, le film est un voyage au temps de la monarchie, qui dévoile les techniques et le talent d’artistes du passé et témoigne d’une manière unique des goûts personnels de leurs illustres commanditaires.

   Ce nouveau documentaire de Fabrice Hourlier traverse les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI pour nous entraîner à la découverte de six chefs-d’œuvre des XVIIe et XVIIIe siècles. Certains objets relèvent du chef d’oeuvre. D’autres sont chargés d’histoire. Il nous dévoile notamment le faste du mobilier d’argent du Roi-Soleil et son extraordinaire commode en écailles de tortue et entrelacs de laiton, une horloge astronomique, véritable miracle de sciences, ainsi que le meuble alors le plus emblématique de l’artisanat français, conçu pour Louis XV : « le bureau du roi ». Sans oublier le mobilier aux épis et le grand serre-bijoux de la reine Marie-Antoinette, d’une délicatesse inégalée et sans oublier, aussi,  les maisons du domaine du Petit Trianon entouré de ses jardins uniques.

   Chaque pièce est présentée comme une oeuvre à part entière illustration du talent des grands ébénistes, orfèvres, menuisiers ou horloger de l’époque : Claude Ballin, André-Charles Boulle, Claude-Siméon Passemant ou encore Jean-François Oeben. Des créateurs avant-gardistes au service du roi.

   voici, ci-après, un article très complet, paru dans le Figaro magazine, concernant une exposition: Versailles, le mobilier d’argent du Roi Soleil ( Mis à jour le 14/12/2007 à 16:13 Publié le 14/12/2007 à 16:12 ). Edité donc plusieurs années avant ce documentaire qui en emprunte plusieurs passages. Notamment sur les envoyés du Siam et qui apporte d’autres précisions sur ce mobilier:

 

   Entre 1682 et 1689, le Grand Appartement du roi à Versailles était meublé d’argent. Il n’en reste rien. Une exposition puise dans les trésors des anciennes cours d’Europe pour ressusciter le faste d’autrefois.

   Versailles, fin de l’été 1686. Dans la galerie des Glaces, Louis XIV, en grand apparat, reçoit les ambassadeurs de Phra Naraï, le puissant roi du Siam. Après avoir traversé les sept salons du Grand Appartement, les envoyés débouchent, au son des trompettes, dans le salon de la Guerre. Tout au long de leur parcours, ils ont croisé de grandissimes pièces d’orfèvrerie. Soudain, ils aperçoivent au fond de la galerie le souverain près de son trône d’argent placé sur une estrade de neuf marches et flanqué de chaque côté de grandes torchères d’argent de neuf pieds de haut. Au sol, un tapis à fond d’or. Tout autour, des vases, des girandoles et des cassolettes, eux aussi en argent, d’un luxe inimaginable. En habit de velours noir entièrement rebrodé de diamants, le roi est entouré des princes du sang et des courtisans, eux aussi scintillants de pierreries. Une grandiose mise en scène. Impressionnés, les ambassadeurs partirent à reculons tout au long de la galerie des Glaces…

   Aujourd’hui, le décor demeure, mais le fabuleux mobilier d’argent massif a disparu, brutalement envoyé à la fonte en 1689 pour financer les frais de la guerre. Ressusciter ces années mythiques durant lesquelles Versailles fut meublé d’argent était un vieux rêve pour l’équipe de conservation du musée. Béatrix Saule, conservateur en chef, a relevé le défi : la « grande argenterie » de Louis XIV, comme l’on disait alors, était en effet si convoitée et si fameuse qu’elle avait émerveillé toutes les grandes cours de l’époque, qui, à leur tour, s’étaient dotées de somptueuses collections d’orfèvrerie. L’idée était tentante de recréer la magnificence qui était alors celle de Versailles en empruntant les pièces les plus significatives de cette vogue des meubles d’argent aux grandes cours étrangères. C’est ainsi que, pour le temps de l’exposition, 200 meubles et objets qui sont tous d’origine royale ou princière ont pris le chemin de Versailles. Elles proviennent du château de Rosenborg, résidence des souverains du Danemark, du château de Windsor (collections de la reine d’Angleterre), du château de Chatsworth (duc de Devonshire), de Marienburg (prince de Hanovre), de Hohenzollern (prince de Prusse), de Forchtenstein (princesse Esterhazy). D’autres meubles viennent du trésor de la Voûte verte au château de Dresde et du trésor des tsars de Russie du Kremlin, à Moscou. Si l’on a pu un jour parler d’événement à propos d’une exposition, c’est bien à propos de celle-là. Et l’on se doute que le rassemblement d’objets aussi prestigieux en un même lieu sera impossible à refaire.

   Un événement unique, mais tout est unique dans cette aventure. Et l’histoire du mobilier d’argent de Louis XIV est, elle aussi, exceptionnelle. Dès 1664, le roi passe commande de meubles en argent qui sont déjà très à la mode, objets d’un véritable engouement. Ils sont présentés pour les fêtes et les cérémonies et sont transportés d’une maison royale à l’autre. Mais quand, en 1682, Louis XIV décide de s’établir avec la Cour à Versailles, le mobilier d’argent trouve tout naturellement sa place dans le Grand Appartement. Imaginés d’après des dessins du premier peintre du roi, Charles Le Brun, exécutés à la manufacture des Gobelins, aux galeries du Louvre et par les plus éminents orfèvres de la corporation parisienne, ces meubles constituent l’ensemble décoratif le plus éblouissant de l’époque. Ils vont investir l’enfilade des sept salons qui conduisent du salon d’Hercule à la galerie des Glaces. Louis XIV peut ainsi, dès la saison d’hiver 1682-1683, lancer les soirées qu’il offre à la Cour dans son Grand Appartement, trois fois par semaine de 18 à 22 heures. Les festivités débutent par un concert, se poursuivent par des danses, des parties de billard et des jeux de cartes (où, paraît-il, on misait gros) jusqu’à l’heure du Grand Couvert, qui a lieu dans le salon de Vénus. Des tables y étaient dressées, couvertes de vases et de plats d’argent emplis de fruits et de confitures, tandis que les buffets pour les liqueurs, vins fins, thé, café et chocolat étaient dans le salon de l’Abondance. Le salon de Mars, qui faisait office de salle de bal, était le plus éclairé. Toute la gamme des luminaires y était magnifiquement représentée : lustres, girandoles, appliques. Sur ses quatre côtés, la pièce était ornée de grandissimes pièces d’argent : « Des buires s’élevant à deux mètres de hauteur, des seaux à proportion, des tables flanquées chacune de deux guéridons et surmontées de grands miroirs. Les luminaires d’argent et les accessoires de cheminée, précise encore Béatrix Saule, commissaire de l’exposition, étaient nombreux, car ce métal joue volontiers avec le feu, avec les flammes du foyer. L’invention des grands miroirs va désormais lui permettre de jouer aussi des reflets. » Mais ce qui frappe le plus les princes et les courtisans, ce sont les milliers de bougies qui, écrit Madeleine de Scudéry, « rendent la nuit plus belle que le jour et l’hiver plus agréable que le printemps ». Ce décor enchanté, voulu par Louis XIV, fit beaucoup pour la renommée du mobilier d’argent.

   On a estimé que les 200 pièces qui constituaient la grande argenterie de Louis XIV représentaient 20 tonnes d’argent massif : il y avait là plusieurs tables de 350 kilos, d’opulents miroirs de 425 kilos, d’imposantes bancelles de 250 kilos dont les dossiers étaient couverts de broderies si précieuses qu’on les protégeait par des housses de taffetas crème. A elle seule, la balustrade qui isolait le lit royal pesait plus d’une tonne. « Ce gigantisme, remarque Béatrix Saule, pourrait paraître barbare sans la délicatesse de la ciselure qui ornait toutes ces pièces de scènes mythologiques, d’emblèmes royaux ou de références au dieu solaire Apollon. » Hélas, cette luxuriance n’allait durer que sept ans, de 1682 à 1689.

   En 1685, la révocation de l’édit de Nantes entraîne l’exil de dizaines de milliers de huguenots. En quelques années, c’est toute l’Europe protestante qui est coalisée contre la France. Pour soutenir les efforts de la guerre contre la ligue d’Augsbourg, le roi décide de sacrifier son mobilier d’argent : le 3 décembre 1689, il annonce à sa Cour qu’il envoie ses meubles à la fonte. Le 11, le Grand Appartement de Versailles est vidé. Parmi les premiers objets envoyés à la Monnaie figurent les ornements mêmes du trône. Cinq mois durant, on continue à fondre, encore et encore. En mai 1690, le mobilier d’argent de Louis XIV n’existe plus : « La guerre est un art qui détruit tous les autres » furent les seules paroles du roi.

   Le produit des 20 tonnes de métal fondu est une déception. Le roi pensait obtenir 6 millions de livres de la destruction de tous ces chefs-d’oeuvre qui lui en avaient coûté 10. Il n’en obtiendra que 2. Pendant dix ans, les arts et les lettres de France vont traverser l’une des périodes les plus sombres de leur histoire. Passé ce temps, les ébénistes et les doreurs vont prendre leur revanche sur les orfèvres. Le bois délicatement sculpté, finement doré, viendra remplacer le scintillement de l’argent. Un renouveau s’esquisse.

   «Quand Versailles était meublé d’argent», château de Versailles, jusqu’au 9 mars 2008.

   Ajout personnel: De somptueuses photos, dont les plans de cadrage restituent parfaitement l’incroyable finesse, délicatesse de toutes ces pièces de mobilier qui sont autant de chefs-d’oeuvre à part entière ( cf. les photos de la galerie).

   Et d’autres photos tirées du documentaire: