Xénius – Comment construisait-on un château médiéval?

2015 – Xenius – Dans les coulisses de Guédelon – Comment construisait-on un château médiéval – ( Qualité 720p, taille 42 – 478 Mo pour 25’54 », original 26’02 »), vérifié et bon pour le site.

 

  

   Comment construisait-on un château médiéval ?

   Suivez Dörthe et Pierre ou Caro et Gunnar à bord du bus de X:enius. De rencontres avec des spécialistes en expériences in situ, nos couples d’animateurs sillonnent l’Europe pour répondre aux questions que la science peut poser et résoudre. S’appuyant sur des témoignages scientifiques et des séquences d’animation, X:enius explore et informe sur un ton ludique.

   En France comme en Allemagne, de multiples édifices montrent qu’au Moyen Âge, on possédait un savoir-faire étonnant : des systèmes de défense très élaborés et de massifs châteaux d’habitation. Sur le site de Guédelon, dans l’Yonne, une équipe construit un château fort depuis 1997 en utilisant exclusivement les techniques et les matériaux du XIIIe siècle.
  

   Guédelon : comment on construisait un château fort au XIIIe siècle:

   Traditionnellement, l’étude des vestiges du passé se fait par l’étude des textes et les fouilles archéologiques. A Guédelon, en Bourgogne, la démarche est totalement originale : on construit un château-fort selon les techniques du Moyen Age.

   En Bourgogne, au milieu de la forêt de Puisaye (Yonne), se déroule, depuis 1997, une expérience inédite : la construction d’un château fort selon les techniques du XIIIe siècle. Une plongée en plein Moyen Age pour (re)découvrir la façon de bâtir de l’époque.

  

   Un chantier d’archéologie expérimentale

L’idée – un peu farfelue au départ – a germé dans l’esprit de Michel Guyot, conservateur et propriétaire du château de Saint-Fargeau. Avec Maryline Martin, directrice du projet, il est parvenu à négocier un permis de construire et obtenir des aides, aussi bien privées que publiques : ainsi, parmi les soutiens financiers on trouve le Conseil général de l’Yonne, le Conseil régional de Bourgogne, l’Union européenne, EDF, la Fondation Canal +, la Fondation Odéon, entre autres. Et le 20 juin 1997, était posée, à Guédelon, la première pierre d’un édifice dont la construction était censée débuter en… 1228. Actuellement, une cinquantaine d’« œuvriers » comme on les appelle travaillent sur ce chantier.

   L’intérêt de cette expérience est à la fois pédagogique et scientifique. Pédagogique car le chantier est ouvert au public. Celui-ci peut donc découvrir les techniques de construction médiévales en voyant travailler tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, vannier, potier, charpentiers… Nombreux sont les enseignants qui emmènent leurs classes à Guédelon. Et les organisateurs proposent même aux particuliers des séjours de plusieurs jours pour travailler sur le site, ainsi que des stages de formation pour les apprentis charpentiers ou maçons : le public peut participer à l’édification du château-fort. Grâce aux droits d’entrée, le projet peut même s’autofinancer. L’intérêt scientifique est tout aussi évident car ce chantier constitue une entreprise grandeur nature pour les chercheurs. Des historiens d’art et des archéologues composent le comité scientifique, notamment Anne Baud, spécialiste en archéologie médiévale, Nicolas Reveyron, maître de conférence en histoire de l’art, et Christian Corvisier, historien de l’architecture. Pour les scientifiques, ce chantier permet de vérifier les connaissances élaborées à partir des archives ou des fouilles effectuées : Guédelon est une expérience d’archéologie expérimentale.

   C’est Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, qui a tracé les plans de l’édifice. Le château doit traduire le style philippien, qui était alors en vogue à cette époque. Ce style tire son nom du roi de France Philippe Auguste (qui régna de 1180 à 1223) qui a donné une nouvelle orientation à l’architecture militaire. Ce style s’illustre par des châteaux quadrangulaires, avec une tour cylindrique à chaque angle, auxquelles s’ajoute(nt) une ou deux tours à l’entrée. Le corps de logis est plaqué contre l’une des murailles. On retrouve toutes ces caractéristiques à Guédelon. En effet, à chaque angle se trouvera une tour, dont la tour principale, au nord-est. Deux tours encadreront l’entrée, au sud. Le corps de logis sera collé contre la muraille nord et la tour principale.

   Tailleurs de pierre, forgeron, charpentiers…

   Le chantier de Guédelon, dont le maître d’œuvre est Florian Renucci, ressemble donc à ceux qui existaient au XIIIe siècle. Différents corps de métiers s’y activent : tailleurs de pierres, maçons, terrassiers, bien sûr, mais aussi charpentiers, bûcherons, vanniers, potiers et couvreurs.

   La première tâche fut de défricher le site. Les « essarteurs » ont beaucoup à faire sur le chantier pour alimenter les charpentiers en bois. Ceux-ci construisent les échafaudages, les engins de levage – deux cages à écureuils ont été édifiées –, les brouettes, les tonneaux, les manches des outils, en plus des éléments en bois propres au château : hourds, charpentes, toitures, pont, planchers… Où l’on s’aperçoit ainsi que le bois était encore beaucoup utilisé à l’époque des châteaux-forts de pierre.

   Les tailleurs de pierre effectuent un travail très précis. Cela a pu se vérifier lorsque fut construites les voûtes d’ogives de la tour de la chapelle (au nord-ouest) et de la tour principale (au nord-est) : les pierres de chacun des arcs devaient s’emboîter parfaitement l’une dans l’autre afin que la voûte ne s’effondre pas et supporte le poids de l’édifice. Les mesures utilisées sont celles de l’époque médiévale. L’unité de base est la ligne, correspondant au diamètre d’un grain d’orge, c’est-à-dire 2,2 millimètres en Bourgogne. Les autres mesures sont établies à partir de cette unité : la paume fait 34 lignes, le pied 144 lignes, la coudée 233. Pour effectuer les mesures, comme au Moyen Age, les « œuvriers » utilisent compas, équerres, pige – bâton gradué – et corde à treize nœuds dont les intervalles égaux correspondent à une coudée.

   Les carriers extraient les pierres de la carrière de grès ferrugineux, roche typique de la Puisaye. Comme au XIIIe siècle, les matériaux sont d’extraction locale. Le forgeron fabrique les outils nécessaires au chantier. Le potier met au point les récipients et le vannier des paniers en osier qui servent à transporter les matériaux : sable, terre… Quant au cordier, il travaille le chanvre afin d’en faire des cordages. Une écurie, un village des « essarteurs » et une tuilerie complètent le dispositif.

   En 2005, Guédelon a reçu sa consécration scientifique avec la participation de Florian Renucci à trois colloques sur les thèmes du château au XIIIe siècle et de la restitution en archéologie. L’aspect expérimental du chantier se vérifie grâce à plusieurs exemples. Ainsi, un archéologue a suggéré l’édification d’un second four de poterie, et la création de nouvelles formes de poterie plus en adéquation avec les résultats de fouilles réalisées sur des sites du XIIIe siècle. De même, dans l’atelier de tuilerie plusieurs cuissons ont été nécessaires afin de valider, avec le comité scientifique, non seulement la forme du four et la méthode de cuisson, mais aussi le type de tuiles, rectangulaires avec un talon d’accrochage. Par ailleurs, des monuments situés dans la région attestent l’utilisation combinée du grès ferrugineux et du calcaire. Les responsables ont donc fait entré ce dernier dans la composition de certaines parties du château-fort. Enfin, les deux tours d’angle au sud devaient, selon les plans d’origine, être de forme carrées. Michel Guyot et Maryline Martin ont décidé par la suite de bâtir des tours cylindriques, plus conformes au style philippien.

   Nul doute, donc, que Guédelon contribue à faire progresser la connaissance de l’architecture militaire médiévale et de ses techniques de construction. Le public peut quant à lui s’y rendre pour un voyage dans le temps qui a encore de beaux jours devant lui : la fin du chantier n’est pas prévue avant 2025…

   Ajout personnel:

    Sur le mème sujet: à savoir reconstruire à l’identique quelque chose de remarquable du passé, vous pouvez regarder le documentaire « 2013 – 1783, le premier vol de l’homme » concernant l’incroyable aventure qu’a été la réalisation à l’identique de la montgolfière qui, pour la première fois le 21 Novembre 1783, emporta des hommes dans les airs. 

   Voici,les liens Wikipédia pour: Le château de guédelon

   Un autre site d’essai d’archéologie expérimentale: le village de la Sogne

   NB: Pour ceux que cela intéresse, Wikipédia consacre une page dédiée à l’archéologie expérimentale, je ne la mets pas ici en lien pour cause d’image  abjecte. En effet, la 2ème image, montre le dépeçage en directe d’un bison. Bien-entendu, sur des centaines d’images pouvant servir à documenter l’archéologie expérimentale, on ne pouvait pas en prendre une autre. Je suis plus que lassé de ce phénomène. Je ne comprend pas ce que vous chercher, vous les humains, ni ou vous voulez en venir en vous gavant constamment avec ce qu’il y a  de plus  abjecte??? Le pis semblerait-il, et que vous n’êtes mème plus capable de vous en rendre compte! Je vous rappelle (cf. la page d’accueil), que c’est justement pour échapper à cela, qu’a été crée ce site!

   Pour en revenir au documentaire, le site d’archéologie expérimentale de Guédelon est d’une totale originalité promis à faire bien des émules, c’est un complément indispensable aux cours uniquement théoriques universitaires. On se demande bien pourquoi cela n’a pas été réalisé plutôt?

   Et d’autres photos tirées du documentaire:

   Un autre exemple sur ce sujet fut la réalisation du navire l’Hermione qui, lui aussi, a demandé de trés nombreuses années. Exactement dans la mème optique que Guédelon, c’est à dire réaliser la frégatte avec le mème savoir faire qu’au XVIII siècle. Il est trés curieux de constater que ces 2 projets sont partis d’idées qui ont dues paraitre complètement farfelues au début et qui ont pourtant connues la fin géniale qu’on leur connait ( du- moins, à ce jour pour l’Hermione). C’est dire combien, dès le départ, l’envie de réussir était puissante aux yeux de leur initiateurs. A noter, que par le plus curieux des hasard, les deux projets ont débutés la mème année…

   Voici, le lien Wikipédia pour la reconstruction de l’Hermione

   Et un petit reportage photographique de l’Hermione dans le « bassin des chalutiers », lors de son passage à La Rochelle:

   voici, un petit rappel de 2 des moments les plus forts de l’aventure de l’Hermione en Amérique

   Mardi 9 juin 2015.

   Après le grain d’hier soir, la nuit s’est terminée sans encombre et nous avons remonté tranquillement le Potomac jusqu’en fin de matinée et notre arrivée à Mount Vernon.

 

   Aux alentours de midi, nous jetions donc l’ancre au pied de la propriété ayant appartenu à Georges Washington et dans laquelle La Fayette a régulièrement séjourné lors de ses visites au premier président des Etats-Unis.

   Le secrétaire d’Etat, John Kerry ne pouvant être présent à Mount Vernon, il a fait transmettre un message dont voici un extrait :

   « Today, we mark with high spirits the Hermione’s second birth. Thanks to your vision, dedication and generosity, a slice of history has reappeared in our midst; and from this day forward will serve as a dramatic reminder of democratic solidarity and of the living friendship that exists between the French and American peoples. »

   « Aujourd’hui, nous célébrons avec un énorme enthousiasme  la renaissance de l’Hermione. Grâce à votre persévérancevotre dévouement et votre générosité, une part de l’histoire est réapparue dans notre quotidien; et désormais servira de marqueur pour rappeler la solidarité démocratique et l’amitié actuelle qui existent entre les peuples français et américain. »

   Discours de Antony J. Blinken, Deputy Secretary of State

   Un feu d’artifice concluait ensuite notre visite à Mount Vernon et nous avons quitté le mouillage en milieu de soirée pour à peine plus d’une heure de navigation au moteur en direction d’Alexandria.

 

   Point d’orgue de cette escale de New-York : la fête nationale américaine !

   Le passage devant la Statue de la Liberté…